Liaison et élision
Module sur la liaison et l'élision en français : règles, exemples et exercices pour maîtriser la prononciation naturelle du français. Apprenez à faire le pont entre les mots.
Définition
La liaison est la connexion sonore entre la fin d’un mot et le début du mot suivant, souvent pour éviter un hiatus. L’élision est la suppression d’une voyelle, généralement le « e », remplacée par une apostrophe devant un mot commençant par une voyelle ou un « h » muet. Les deux phénomènes servent à rendre la langue plus fluide à l’oral.
Quand lier
La liaison se fait surtout quand un mot se termine par une consonne normalement muette et que le mot suivant commence par une voyelle ou un « h » muet. Elle est fréquente entre un déterminant et un nom, entre un pronom et un verbe, et dans certains groupes figés. La liaison peut être obligatoire, interdite ou facultative selon le contexte.
Règle | Exemple |
|---|---|
La liaison se fait entre un déterminant et un nom commençant par une voyelle. | |
La liaison se fait entre un pronom sujet et un verbe commençant par une voyelle. | |
La liaison se fait dans certains groupes figés comme « de un » ou « très intéressant ». |
Liaison obligatoire
La liaison est obligatoire dans certains environnements syntaxiques en français standard. Ne pas la faire peut gêner la compréhension ou sembler non natif dans un registre soutenu. Elle concerne surtout les groupes grammaticaux serrés.
Règle | Exemple |
|---|---|
La liaison est obligatoire entre un déterminant et un nom. | |
La liaison est obligatoire entre un adjectif et un nom quand l’adjectif précède le nom. | |
La liaison est obligatoire entre un pronom et un verbe. | |
La liaison est obligatoire après « très » et « bien » avant une voyelle. | |
La liaison est obligatoire dans « quand il » et « dont il ». |
Liaison interdite
La liaison est interdite à l’intérieur d’un mot, après un nom au singulier isolé, et souvent après un verbe à l’indicatif quand il est suivi du complément. Elle est aussi généralement interdite après « et ». La faire dans ces cas peut paraître étrange ou artificiel.
Règle | Exemple | |
|---|---|---|
La liaison est interdite après « et ». | ||
La liaison est interdite après un nom au singulier quand il est suivi d’un complément. | ||
La liaison est interdite après un verbe à l’indicatif devant un complément. | ||
La liaison est interdite à l’intérieur d’un mot. | Pas de liaison dans « soumis ». |
Liaison facultative
La liaison est facultative dans certains contextes, notamment à l’intérieur d’un groupe syntaxique long, après un verbe quand il est suivi d’un adjectif ou d’un adverbe, et après les prépositions courtes. Elle dépend alors du registre, de la vitesse et de la clarté recherchée. En style formel, on la fait plus souvent.
Règle | Exemple |
|---|---|
La liaison est facultative après un verbe avant un adjectif. | |
La liaison est facultative après une préposition courte comme « chez » ou « sous ». | |
La liaison est facultative dans un groupe long entre un complément et ce qui suit. |
Sons produits
La liaison fait apparaître une consonne finale qui est souvent muette autrement. Les consonnes les plus fréquentes en liaison sont « s » ou « x » qui se prononcent [z], « t » qui se prononce [t], et « n » qui se prononce [n]. La prononciation change le flux de la phrase et peut changer le sens en cas d’ambiguïté.
Mot | Notation | Description | Exemple |
|---|---|---|---|
Les | le | ||
Deux | deux | ||
Petit | petit | ||
On | on | ||
Mon | mon |
H muet
L’« h » muet se comporte comme une voyelle pour la liaison et l’élision : on peut lier et élider devant lui. L’« h » aspiré bloque la liaison et l’élision, même si l’« h » n’est pas prononcé comme en anglais. Le statut du mot est lexical et doit souvent être mémorisé.
Règle | Exemple |
|---|---|
La liaison et l’élision sont possibles devant un « h » muet. | |
L’élision est possible devant un « h » muet. | |
La liaison et l’élision sont bloquées devant un « h » aspiré. |
Élision
L’élision remplace le « e » final par une apostrophe devant une voyelle ou un « h » muet pour éviter deux voyelles consécutives. Elle est obligatoire avec « le », « la », « je », « me », « te », « se », « ne », « que », « ce » et « si » devant « il » ou « ils ». Ne pas élider dans ces cas est incorrect en français standard.
Règle | Exemple |
|---|---|
L’élision est obligatoire avec « le » et « la » devant une voyelle ou un « h » muet. | |
L’élision est obligatoire avec « je » devant une voyelle ou un « h » muet. | |
L’élision est obligatoire avec « que » devant une voyelle ou un « h » muet. | |
L’élision est obligatoire avec « ne » devant une voyelle ou un « h » muet. |
Élision et sens
L’élision peut changer le sens ou éviter des ambiguïtés, surtout à l’oral, en rendant la phrase plus claire et plus naturelle. Elle s’accompagne souvent d’une liaison, car les deux mécanismes servent la continuité sonore. Appliquer les deux ensemble donne la forme attendue en conversation.
Règle | Exemple |
|---|---|
L’élision et la liaison se combinent typiquement dans un groupe comme « l’ancien » ou « qu’on a » . | |
L’élision prépare souvent une liaison en rapprochant les mots. |
Résumé visuel
La liaison connecte les mots par le son, surtout dans des groupes grammaticaux serrés. L’élision coupe une voyelle pour éviter deux voyelles côte à côte à l’oral et à l’écrit. Pour parler de façon fluide, on cherche à appliquer les deux là où le français standard les attend.